Avant de lire
Cet éclairage apporte un cadre général de réflexion. Une décision patrimoniale doit ensuite être replacée dans votre situation familiale, fiscale et financière, avec un conseil adapté.
Allocation · Septembre 2026
Faut-il augmenter son exposition aux actions en 2026 ?
Après plusieurs années marquées par des changements rapides de taux, de fortes performances sur certains marchés et un environnement géopolitique plus incertain, la question revient dans les stratégies patrimoniales : faut-il augmenter son exposition aux actions en 2026 ?
Pour les investisseurs de long terme, la réponse ne dépend pourtant pas uniquement des perspectives de marché. Elle dépend surtout de la place que les actions doivent occuper dans l'architecture globale du patrimoine.
Les actions retrouvent leur place dans les allocations patrimoniales
Les actions cotées représentent aujourd'hui une part importante des portefeuilles des Family Offices. Selon le 11e baromètre AFFO/EY, elles représentaient 23 % des allocations en 2025, en hausse de 5,7 points sur un an. Pour 2026, plus de 80 % des répondants anticipent une stabilité ou une progression de leur exposition aux marchés actions.
Cette évolution intervient dans un environnement pourtant plus complexe. La remontée des taux, les tensions géopolitiques et les perspectives économiques rendent les marchés plus difficiles à lire. Mais cette incertitude ne remet pas nécessairement en cause l'intérêt des actions dans une stratégie patrimoniale de long terme.
Les 5 questions à se poser avant d'augmenter son exposition
1 Quel est l'horizon d'investissement ?
Les actions sont par nature des actifs volatils. Une baisse importante peut intervenir à tout moment, y compris lorsque les fondamentaux économiques restent solides. L'horizon est donc déterminant. Un capital destiné à financer un projet dans deux ans ne devrait pas être exposé de la même manière qu'un capital destiné à être investi pendant quinze ou vingt ans.
La première question n'est donc pas : « Les marchés vont-ils monter ? » Mais : « Quand aurai-je besoin de cet argent ? »
2 Les actions doivent-elles remplacer d'autres actifs ?
Augmenter son exposition aux actions peut être réalisé de différentes manières. Il peut s'agir d'investir une partie des liquidités disponibles. Mais il peut également s'agir de réduire une exposition à une autre classe d'actifs.
Cette distinction est essentielle. Si un investisseur finance son augmentation d'exposition aux actions en vendant une partie d'un patrimoine immobilier déjà diversifié, le profil de risque évolue différemment que s'il investit une réserve de liquidités excédentaire. Un arbitrage doit donc toujours être analysé à l'échelle du patrimoine.
3 Faut-il privilégier la France, l'Europe ou les États-Unis ?
La diversification géographique constitue un élément central. Un portefeuille composé principalement d'actions françaises présente une concentration importante. À l'inverse, une exposition internationale permet d'accéder à davantage de secteurs, de modèles économiques et de zones géographiques.
Le choix ne doit toutefois pas être guidé uniquement par les performances passées. Il doit prendre en compte :
- les valorisations ;
- les perspectives économiques ;
- les devises ;
- les secteurs ;
- les niveaux de concentration ;
- les risques géopolitiques.
Le baromètre AFFO/EY montre d'ailleurs un mouvement de réallocation des Family Offices vers l'Europe en 2025.
4 Comment gérer le risque d'investir au mauvais moment ?
C'est l'une des principales difficultés pour un investisseur. Attendre le « meilleur moment » peut conduire à rester longtemps en dehors des marchés. À l'inverse, investir une somme importante immédiatement après une forte hausse peut exposer à une correction.
Dans certaines situations, une approche progressive peut permettre de réduire le risque lié au timing. Mais cette méthode n'est pas automatiquement supérieure à un investissement immédiat : elle dépend notamment du montant disponible, de l'horizon et de la capacité à supporter la volatilité. Le sujet doit donc être traité en fonction du patrimoine, et non selon une règle unique.
5 Quel rôle les actions doivent-elles jouer ?
Les actions peuvent remplir plusieurs fonctions :
- rechercher de la croissance à long terme ;
- participer au financement des entreprises ;
- diversifier un patrimoine immobilier ;
- générer des dividendes ;
- préserver le potentiel de croissance du patrimoine.
Elles ne doivent cependant pas nécessairement constituer le moteur principal de tous les patrimoines. Un entrepreneur qui détient déjà une participation importante dans sa société dispose par exemple d'une exposition élevée au risque actions et au risque entrepreneurial, même si cette participation n'apparaît pas dans son portefeuille financier.
Actions et patrimoine entrepreneurial : un point souvent oublié
Pour un dirigeant, l'analyse du patrimoine doit intégrer la valeur de l'entreprise. Un entrepreneur peut avoir :
- 60 % de son patrimoine dans son entreprise ;
- 20 % en immobilier ;
- 10 % en liquidités ;
- 10 % en placements financiers.
Augmenter fortement la poche actions peut sembler être une diversification. Mais le patrimoine est déjà largement exposé au risque économique et entrepreneurial. L'allocation financière doit donc être pensée en fonction du patrimoine réel, et pas uniquement du portefeuille bancaire. Notre approche de la gestion de patrimoine du dirigeant →
Faut-il augmenter son exposition en 2026 ?
La réponse dépend donc de trois éléments : l'horizon, le niveau de diversification et la capacité à supporter la volatilité.
Pour un investisseur disposant d'un horizon long, d'une réserve de liquidité suffisante et d'un patrimoine déjà diversifié, une exposition significative aux actions peut avoir du sens. Pour un investisseur proche d'un besoin de liquidité important ou déjà fortement exposé au risque entrepreneurial, la réponse peut être très différente.
Le contexte de marché ne doit donc pas être le seul déclencheur d'une décision.
Les erreurs à éviter
1 Investir parce que « le marché monte »
Une hausse passée ne garantit pas une hausse future.
2 Attendre une correction parfaite
Personne ne connaît avec certitude le prochain point bas du marché.
3 Confondre diversification et multiplication des titres
Détenir plusieurs actions d'un même secteur ou d'une même zone géographique ne constitue pas nécessairement une diversification suffisante.
4 Oublier les liquidités
Un patrimoine entièrement investi peut devenir difficile à piloter lorsqu'un besoin de liquidité survient.
5 Ne regarder que le portefeuille financier
Pour un entrepreneur ou une famille patrimoniale, les actifs professionnels, immobiliers et internationaux doivent être intégrés à l'analyse.
2026 : privilégier la cohérence plutôt que le timing
Le contexte de marché reste complexe. La BCE a relevé ses taux directeurs de 25 points de base en juin 2026, dans un contexte où les tensions géopolitiques alimentent notamment les risques inflationnistes.
Cette situation rappelle une réalité importante : les marchés financiers évoluent dans un environnement macroéconomique qui peut rapidement changer. Chercher à prévoir chaque mouvement de marché est donc particulièrement difficile.
Pour un patrimoine de long terme, la priorité peut être ailleurs : définir une allocation suffisamment robuste pour traverser différents scénarios.
Une allocation ne se résume pas aux actions
Les actions peuvent constituer un moteur de croissance. Mais elles doivent être mises en regard des autres composantes du patrimoine :
- immobilier ;
- Private Equity ;
- obligations ;
- liquidités ;
- participations professionnelles ;
- actifs internationaux.
C'est la combinaison de ces actifs qui détermine réellement le profil de risque du patrimoine. Les Family Offices illustrent cette logique : malgré la progression des actions cotées, celles-ci restent intégrées dans des portefeuilles comprenant également Private Equity, immobilier, obligations et liquidités.
Augmenter les actions, oui, mais pour une raison patrimoniale
La question pertinente n'est finalement pas : « Est-ce le bon moment pour acheter des actions ? » Mais : « Quelle exposition aux actions est cohérente avec mon patrimoine, mes objectifs et mon horizon ? »
Chez Velbrun Capital, l'allocation d'actifs est construite à partir de cette lecture globale : situation familiale, patrimoine professionnel, immobilier, liquidités, fiscalité, horizon et objectifs de transmission sont intégrés avant de définir les investissements.
L'objectif n'est pas de prévoir le marché. Il est de construire un patrimoine capable de traverser différents environnements de marché.
FAQ
Est-ce encore intéressant d'investir en actions en 2026 ?
Les actions restent une classe d'actifs importante dans les stratégies de long terme, mais leur volatilité implique un horizon adapté et une allocation diversifiée.
Faut-il investir immédiatement ou progressivement ?
Les deux approches présentent des avantages et des risques différents. Le choix dépend notamment du montant disponible, de l'horizon et de la tolérance à la volatilité.
Quelle part d'actions faut-il avoir dans son patrimoine ?
Il n'existe pas de pourcentage universel. La bonne allocation dépend notamment des autres actifs détenus et des objectifs patrimoniaux.
Les actions européennes sont-elles à privilégier ?
L'Europe peut représenter une source de diversification, mais le choix géographique doit être effectué dans le cadre d'une allocation globale et non en fonction d'une tendance de court terme.
Un entrepreneur doit-il limiter ses investissements en actions ?
Pas nécessairement. Mais la participation dans l'entreprise doit être intégrée dans le calcul de l'exposition globale au risque.
Sources
Les chiffres cités dans cet éclairage ont été vérifiés auprès des sources suivantes, à jour en septembre 2026 : EY France, présentation du 11e baromètre de l'AFFO en partenariat avec EY, juin 2026 (allocation actions des Family Offices, réallocation vers l'Europe, composition des portefeuilles) ; Banque de France, Bulletin économique de la BCE n°4/2026 (hausse des taux directeurs de la BCE, 11 juin 2026).
Avertissement
Investir en actions comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article a un caractère informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Toute allocation doit être déterminée en fonction de la situation, des objectifs, de l'horizon et du profil de risque de l'investisseur.
Repenser votre allocation d'actifs
Un premier échange confidentiel permet d'identifier les concentrations existantes et de déterminer si votre exposition aux actions est cohérente avec votre patrimoine global.
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