Fiscalité Internationale

Vous envisagez de vous installer à l'étranger ? La fiscalité française évolue aussi.

Quitter la France ne suffit pas à couper tout lien fiscal. Résidence fiscale, Exit Tax, immobilier : ce qui reste imposable après une expatriation.

André RavacholMis à jour le 23 août 2026Analyse patrimoniale

Avant de lire

Cet éclairage apporte un cadre général de réflexion. Une décision patrimoniale doit ensuite être replacée dans votre situation familiale, fiscale et financière, avec un conseil adapté.

Vous envisagez de vous installer à l'étranger ? La fiscalité française évolue aussi.

Changer de pays de résidence ne consiste pas simplement à changer d'adresse.

Pour un dirigeant, un entrepreneur ou une famille disposant d'un patrimoine important, une expatriation peut modifier en profondeur la manière dont les revenus, les investissements, les participations professionnelles et le patrimoine immobilier sont imposés.

Et surtout, quitter physiquement la France ne signifie pas nécessairement couper immédiatement tout lien fiscal avec elle.

En 2026, l'administration fiscale continue de préciser et de renforcer les obligations qui entourent les situations internationales. Avant de penser à votre prochain pays de résidence, il est donc essentiel de regarder ce que vous laissez derrière vous.

Quitter la France : quand devient-on réellement non-résident fiscal ?

La première question paraît simple : « À partir de quand ne suis-je plus résident fiscal français ? » En réalité, la réponse dépend de plusieurs éléments.

L'administration fiscale examine notamment le domicile, le lieu de séjour principal, l'activité professionnelle et le centre des intérêts économiques. Une personne qui s'installe à l'étranger peut donc conserver certains liens fiscaux avec la France, notamment lorsqu'elle continue à percevoir des revenus de source française.

L'année du départ est également particulière : jusqu'à la date du départ, le contribuable est considéré comme domicilié fiscalement en France ; après cette date, sa situation dépend de ses circonstances personnelles et, le cas échéant, des conventions fiscales applicables.

Le changement de résidence fiscale doit donc être analysé comme une situation globale, et non comme une simple formalité administrative.

Le patrimoine ne disparaît pas avec le changement de résidence

C'est souvent le point le plus sous-estimé.

Partir vivre à l'étranger ne signifie pas que les actifs détenus en France cessent d'avoir des conséquences fiscales en France. Immobilier, participation dans une entreprise, portefeuille financier, revenus locatifs, plus-values, dividendes, pensions : chaque actif peut répondre à des règles différentes selon sa nature, son lieu de situation et la convention fiscale conclue entre la France et le nouveau pays de résidence.

Une personne devenue non-résidente peut notamment rester imposable en France sur certains revenus de source française.

C'est pourquoi une expatriation patrimoniale doit commencer par une cartographie précise des actifs et des flux. Que possède-t-on ? Où sont situés les actifs ? Quels revenus génèrent-ils ? Et dans quel pays seront-ils imposés demain ?

L'Exit Tax : le point que les entrepreneurs doivent connaître

Pour les dirigeants et entrepreneurs, une autre question peut devenir centrale : que se passe-t-il si je quitte la France alors que je détiens des titres qui ont fortement pris de la valeur ? C'est notamment l'objet de l'Exit Tax.

Sous certaines conditions, le transfert du domicile fiscal hors de France peut entraîner une imposition au titre de certaines plus-values latentes. Le dispositif concerne notamment les contribuables ayant été résidents fiscaux français pendant au moins six années au cours des dix années précédant leur départ et détenant, au moment du transfert, des titres représentant une valeur globale d'au moins 800 000 € ou au moins 50 % des bénéfices sociaux d'une société.

Exemple

Un entrepreneur détient des titres de sa société acquis pour 100 000 €. Quelques années plus tard, ces titres valent 5 millions d'euros. Il envisage alors de s'installer à l'étranger. La question n'est pas uniquement : « Dans quel pays vais-je payer mes impôts demain ? » Elle est aussi : « Quelles conséquences fiscales mon départ peut-il avoir sur la valeur que j'ai déjà créée ? »

Dans certaines situations, un sursis de paiement peut être prévu et le dispositif comporte également des mécanismes de dégrèvement selon les circonstances.

C'est précisément pour cette raison qu'une réflexion sur l'expatriation doit intervenir avant le départ.

Et si je conserve un patrimoine immobilier en France ?

C'est une autre situation fréquente. Un départ à l'étranger ne signifie pas nécessairement que l'on vend ses biens français. Au contraire, certains patrimoines continuent à comprendre :

  • une résidence en France ;
  • des biens locatifs ;
  • des parts de sociétés immobilières ;
  • des participations dans des entreprises françaises ;
  • des placements financiers.

Le statut de non-résident modifie alors certaines règles d'imposition, mais ne fait pas disparaître la fiscalité française sur les revenus ou actifs qui restent rattachés à la France. Le traitement dépend notamment de la nature du revenu et de la convention fiscale entre la France et le pays d'accueil.

La question devient alors moins : « Comment payer moins d'impôts ? » Et davantage : « Comment organiser intelligemment mon patrimoine entre plusieurs juridictions ? »

Une expatriation se prépare avant le départ

Lorsqu'un projet de départ est envisagé, plusieurs sujets méritent d'être étudiés simultanément.

1 La résidence fiscale

Quel sera le pays de résidence fiscale ? Existe-t-il une convention fiscale avec la France ? Où se situera le foyer ? Où seront exercées les activités professionnelles ?

2 Les actifs financiers

Que deviennent les comptes-titres, contrats d'assurance-vie ou autres placements ? Quelles seront leurs règles fiscales dans le nouveau pays ?

3 Les participations professionnelles

Existe-t-il une entreprise, une holding ou des titres dont la valeur a fortement progressé ? L'Exit Tax peut-elle s'appliquer ? Une opération de cession ou de restructuration est-elle envisagée ?

4 L'immobilier

Quels biens conserver en France ? Quels revenus continueront à être générés en France ? Quelle fiscalité s'appliquera dans les deux pays ?

5 La famille

Le conjoint et les enfants partent-ils également ? Où seront-ils résidents fiscaux ? Comment organiser la détention et la transmission du patrimoine dans ce nouveau contexte ?

Le véritable enjeu : penser international avant de devenir international

Une expatriation réussie ne commence pas le jour où l'on prend l'avion. Elle commence plusieurs mois, voire plusieurs années avant. Parce qu'une décision prise alors que l'on est encore résident fiscal français peut parfois avoir des conséquences très différentes d'une décision prise après le départ.

Le calendrier devient donc un élément à part entière de la stratégie. Vendre avant ou après ? Conserver ou restructurer ? Transmettre avant ou après le départ ? Détenir personnellement ou via une structure ? Quels actifs conserver en France ?

Il n'existe pas de réponse universelle. Le bon choix dépend du patrimoine, de la situation familiale, du projet professionnel et du pays d'accueil.

Chez Velbrun Capital, nous considérons l'expatriation comme une décision patrimoniale globale

Changer de pays ne consiste pas uniquement à choisir un nouveau lieu de vie. Pour une famille ou un entrepreneur, c'est parfois l'ensemble de l'architecture patrimoniale qu'il faut repenser. Résidence fiscale, investissements, entreprise, immobilier, fiscalité, transmission, protection de la famille : chaque décision doit être pensée en cohérence avec les autres.

C'est cette vision globale que nous défendons chez Velbrun Capital.

Parce qu'en matière de patrimoine international, le meilleur moment pour réfléchir à sa stratégie n'est pas après le départ. C'est avant.

Sources

Les règles citées dans cet éclairage (critères de résidence fiscale de l'article 4B du Code général des impôts, conditions et seuils de l'Exit Tax de l'article 167 bis du CGI) ont été vérifiées auprès des sources officielles suivantes, à jour en août 2026 : impots.gouv.fr, « Je quitte la France, suis-je concerné par l'Exit Tax ? » et « Suis-je non-résident fiscal ? » ; bofip.impots.gouv.fr, BOI-RPPM-PVBMI-50 (Exit Tax) et BOI-IR-CHAMP-10 (domicile fiscal).

Avertissement

Cet article a un caractère informatif et ne constitue pas un conseil patrimonial, fiscal ou juridique personnalisé. Chaque situation d'expatriation doit être analysée au regard de votre résidence de destination, de la convention fiscale applicable et de votre patrimoine, en coordination avec vos conseils habituels.

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