Fiscalité Internationale · Mars 2026
Expatriation fiscale : comment préparer son départ de France
Que vous partiez pour des raisons professionnelles, personnelles ou patrimoniales, un transfert de résidence fiscale hors de France a des conséquences majeures sur votre patrimoine. Exit tax, statut de non-résident, conventions fiscales, obligations déclaratives : les sujets sont nombreux et les erreurs coûteuses. Voici les étapes clés pour préparer votre départ sereinement.
Étape 1 : Déterminer votre résidence fiscale
La résidence fiscale ne se résume pas à votre adresse. L'administration française utilise quatre critères hiérarchiques pour déterminer si vous restez résident fiscal français : le foyer d'habitation (votre famille vit-elle encore en France ?), le lieu de séjour principal (plus de 183 jours en France ?), l'activité professionnelle principale (travaillez-vous principalement depuis la France ?), et le centre des intérêts économiques (vos revenus et actifs principaux sont-ils en France ?).
Un seul de ces critères suffit pour être considéré comme résident fiscal français. Le risque de double résidence fiscale est réel et peut entraîner une double imposition si la convention bilatérale avec votre pays de destination ne le prévient pas correctement.
Étape 2 : Anticiper l'exit tax
Si vous détenez des participations significatives (plus de 50 % d'une société ou des titres d'une valeur globale supérieure à 800 000 €), l'exit tax s'applique. Elle taxe les plus-values latentes au jour du départ, même sans cession effective.
Les stratégies d'optimisation, donation avant départ, apport-cession, choix du pays de destination, doivent être mises en place 12 à 24 mois avant le départ. L'anticipation est la clé. Notre guide complet sur l'exit tax →
Étape 3 : Restructurer vos placements
Votre départ va changer la fiscalité applicable à chacun de vos placements. Certains véhicules qui étaient avantageux en France peuvent devenir pénalisants à l'étranger, et inversement.
L'assurance-vie luxembourgeoise : l'atout mobilité
C'est le seul véhicule d'épargne qui s'adapte automatiquement à votre nouvelle résidence fiscale. Un contrat français posera problème ; un contrat luxembourgeois vous suivra sans friction. Si vous n'avez pas encore de contrat Luxembourg, c'est le moment d'y penser, avant le départ, pas après. En savoir plus →
PEA et compte-titres
Le PEA peut être conservé après expatriation (depuis 2019), mais les retraits seront soumis à la fiscalité de votre nouveau pays. Le compte-titres nécessite une analyse au cas par cas selon la convention fiscale applicable, certains pays taxent les plus-values, d'autres non.
Immobilier en France
Vos revenus fonciers français restent imposables en France (convention ou pas). La plus-value à la revente est également taxable en France à 19 % + prélèvements sociaux (mais exonération possible après 22 ans de détention pour l'IR, 30 ans pour les PS).
Étape 4 : Choisir son pays de destination
Le choix du pays n'est évidemment pas uniquement fiscal. Mais la dimension fiscale peut représenter des centaines de milliers d'euros de différence sur quelques années. Les destinations les plus fréquentes pour les expatriés patrimoniaux français et leurs caractéristiques fiscales principales :
Suisse
Forfait fiscal possible dans certains cantons (Vaud, Valais, Genève). Pas d'impôt sur les plus-values mobilières pour les non-professionnels. Impôt sur la fortune cantonal. Convention fiscale franco-suisse à analyser attentivement.
Portugal
Statut de Résident Non Habituel (RNH) réformé mais toujours attractif pour certains profils. Taxation à taux réduit de certains revenus de source étrangère pendant 10 ans.
Émirats Arabes Unis
Pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Pas de plus-values, pas d'IFI. Mais attention à la convention fiscale avec la France (revenus de source française restent taxables) et au risque de requalification de résidence.
Luxembourg / Belgique
Proximité géographique et culturelle. Régimes fiscaux spécifiques pour les impatriés. Luxembourg : neutralité fiscale pour l'assurance-vie. Belgique : pas de taxation des plus-values mobilières (hors spéculation).
Étape 5 : Les obligations déclaratives
L'année de votre départ, vous devez déposer une déclaration de revenus sur la période janvier-date de départ. Vous devez également déclarer vos comptes détenus à l'étranger (formulaire 3916), signaler votre changement de résidence au centre des impôts, et mettre à jour votre situation auprès de toutes les institutions financières françaises.
En tant que non-résident, vous continuerez à déclarer vos revenus de source française (revenus fonciers, plus-values immobilières). L'échange automatique d'informations (CRS) fera remonter vos comptes étrangers aux autorités françaises, la conformité est indispensable.
Le timing est crucial
Les meilleures stratégies d'optimisation nécessitent 12 à 24 mois de préparation. Si vous envisagez une expatriation à moyen terme, le moment d'agir est maintenant. Notre expertise en fiscalité internationale →
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